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SOPHROLOGIE

    Définition :

Les trois racines du mot sophrologie sont empruntées du grec : Sos (harmonie), Phren (cerveau, conscience), et logos (étude, science).

Le docteur Jean-Pierre Hubert crée la première école française de Sophrologie à Paris en 1971.

Pour l'école française, la sophrologie est une science qui étudie la conscience humaine.

- dans les modifications des états de conscience,

- dans les modifications d'états de vigilance,

- dans les moyens de produire ces modifications.

  • selon des techniques propres à la sophrologie,

  • selon toute technique passée, présente ou future susceptible de répondre à cette définition.

         Champs d'application.

La sophrologie permet d'ouvrir des chemins, qui pourraient être empruntés dans les domaines tels que l'insertion sociale et professionnelle.

Intégration de la sophrologie dans les actions d'insertion sociale et professionnelle.

  • sophrologie comme outil de redynamisation et de remobilisation d'un public en insertion.

  • bienfaits de la sophrologie dans l'accompagnement d'un public en rupture sociale.

  • sophrologie, accélérateur du processus d'insertion sociale et professionnelle.

Démarche de progression d’un atelier de Sophrologie.

La démarche de progression de l’atelier de relaxation se découpe en modules progressifs (chaque module comprenant plusieurs séances) avec ses exercices choisis et justifiés en accord avec les objectifs visés. Ce découpage permet de canaliser la dynamique de groupe dans un cheminement organisé adaptable selon les besoins et demandes des personnes.

Module 1 : : apprendre à se détendre et acquérir une meilleure connaissance de soi.

  • prendre conscience de son schéma corporel.
  • prendre conscience de son état physique et psychologique.
  • amener à un état de mieux vivre, de mieux être.
  • favoriser l’épanouissement de la personne.
  • favoriser la récupération après l’effort.

Module 2 : Module 2 : apprendre à gérer son stress.

  • apprendre à gérer ses émotions, ses tensions, ses impulsions.
  • se préparer à faire face aux coups durs, aux situations difficiles.
  • prendre de la distance, relativiser.
  • intégrer les contraintes.
  • savoir lâcher prise.

Module 3 :  développer la confiance en soi

  • acquérir une image positive de soi.
  • développer son autonomie.
  • pouvoir faire des choix.
  • s’avoir s’affirmer.
  • prendre des décisions.
  • oser parler, s’exprimer avec tact et facilité.
  • renforcer ses qualités.
  • oser être soi-même.
  • savoir exprimer ses désirs.
  • savoir positiver le négatif.

Module 4 :  apprendre à se dynamiser.

  • se préparer à l’action.
  • développer son potentiel énergétique.
  • apprendre à anticiper.
  • développer sa concentration.

Module 5 : développer sa motivation.

  • se fixer des buts.
  • mettre en œuvre ses projets et les réaliser.
  • développer sa persévérance.
  • réussir se qui paraissait inaccessible.
  • apprendre à se surpasser.
  • trouver des raisons d’agir.
  • développer sa capacité à s’investir.
  • lutter contre la lassitude et le découragement

 Origines de la Sophrologie.

Bien que le terme sophrologie soit une récente invention, son existence en tant que phénomène plus ou moins détectable est très ancien. Les sources de la sophrologie trouvent à la fois leurs origine en Occident et Orient.

L’Occident est placé sous le signe du faire ; l’Orient sous le signe de l’être.

Sources Occidentales :

2800 ans avant Jésus-Christ, Homère décrit dans l’odyssée comment Ulysse est blessé à la jambe par un sanglier. Pendant que ces amis lui pansent la blessure, Homère entonne une sorte de cantique utilisant la parole dans un but curatif appelé " épodé " : suggestion verbale provoquant à travers la parole un état fait de calme bienfaisant entraînant la " guérison des blessures ". Là semble naître historiquement ce que l’on pourrait appeler le premier " traitement psychosomatique ", paroles douces agissant sur le psychisme et pansements agissant sur le corps.

Plus tard chez Platon l’épodé est utilisé et définit comme ; une voix calmante et douce appelée " Terpnos logos " qui agirait sur le Thymos, là ou le corps et l’esprit s’unissent pour produire un état de Sophrosyne, ou état de bien-être, d’harmonie entre le corps-esprit, qui dépendrait de " ce qui est dit et de celui qui le dit ".

Dans le texte de Platon " Charmide ", le terme sophrosuné est utilisé pour définir un état de calme, de sérénité et de concentration.

Sources Orientales :

D’autre part, le Yoga, qui date probablement du Xème avant notre ère, vise le même but : l’obtention d’une harmonie de la conscience en réalisant une sorte d’auto-analyse considérée comme la condition indispensable pour la rencontre avec la Divinité. Les différentes sortes de Yoga sont des voies alternatives vers ce but : Le Raja Yoga utilise des exercices physiques et le " Dhyana ", ou méditation. Le Gnani Yoga s’appuie surtout sur le travail intellectuel. Le Gnani Yoga utilise le mantra ou répétition constante d’un mot ou d’une courte phrase pour atteindre l’état voulu. Le Hatha Yoga, le plus connu en Occident, est plutôt un Yoga auxiliaire, commun à tous ;

La pratique du véritable Yoga nécessite une croyance inébranlable en la réincarnation, sinon son utilité est minime. Ce n’est pas simplement une forme de gymnastique ; pour sérieusement en profiter, il faut épouser son contenu spirituel et religieux.

Le Dhyana trouve ses origines dans l’Hindouisme, il est intégré par Bouddha dans ses rites vers le Vème siècle

Avant J.C Puis au VIème siècle de notre ère, il est repris dans le Zen.

La Sophrologie utilise également certaines approches dhayniques ou méditatives, mais cette fois exclusivement à des fins thérapeutiques. D’autre part, elle a adopté le Terpnos Logos.

3- Historique.

Le terme " Sophrologie " aurait été créé par le psychiatre espagnol Alfonso Caycedo, né en 1932 à Bogota (Colombie), quoique selon le docteur Hervé Jézic, "[il aurait été] inventé par le professeur Entralgo de la faculté d’Histoire de l’Université de Barcelone". (1)

1- Période de fondation.

En 1960, A. Caycedo travaille comme psychiatre dans le service du professeur Lopez Ibor, où il pratique l’hypnose. Aussi, il effectue une étude et une synthèse sur les diverses méthodes modernes et anciennes susceptibles de modifier l’état de conscience de l’homme et c’est à l’occasion de ces travaux que le terme de "sophrologie" a été employé pour la première fois par A. Caycedo. Ce mot est ainsi proposé au Vème Congrès International de Psychothérapie à Vienne, en août 1961.

L’année suivante, A. Caycedo se familiarise avec une nouvelle méthode d’investigation de la conscience à travers la pensée des philosophes Husserl (père de la phénoménologie moderne) et Heidegger (fondateur de la dimension existentielle dans la phénoménologie). Puis, suite à un stage à la clinique Bellevue à Kreuzlingen (Suisse), où il rencontre le Professeur Binswanger, célèbre phénoménologiste, l’école sophrologique prend une tournure phénoménologique et étudie les phénomènes de la conscience "ici et maintenant".

La Société Internationale de Sophrologie et de Médecine Psychosomatique présidée par A. Caycedo est créée en 1963, avec des ramifications dans plusieurs pays et entre autres les professeurs M. Erickson (USA) et I. Gubelen (Argentine), les docteurs A. Blanco (Espagne), R. Abrezol (Suisse), Ikemi (Japon) en sont nommés directeurs. Le professeur Sarro, alors président de la Société Mondiale d’Hygiène Mentale, et le professeur Lopez Ibor deviennent présidents d’honneur de cette Société.

Sous les conseils du Professeur Binswanger, A. Caycedo quitte l’Europe de 1965 à 1967 pour étudier les techniques utilisées dans les différentes écoles de pensées orientales. Avant son départ, il charge les docteurs A. Dumont et R. Abrezol de la promotion, de la diffusion et de l’enseignement de la Sophrologie en Europe.

A. Caycedo rapporte des techniques originales d’Orient. La relaxation dynamique du premier degré, d’essence Raya et Yogique, celle du deuxième degré d’influence bouddhique et celle du troisième degré inspiré du Zen.

En 1966 est fondée la Société Française de Sophrologie.

En 1967, R. Abrezol propose le nom de relaxation dynamique pour désigner une méthode d’entraînement sophrologique, qui se pratique au niveau du groupe avec des objectifs thérapeutiques et prophylactiques. Au cours de cette même année, A. Caycedo fonde la Société Centrale de Sophrologie et de Médecine Psychosomatique, puis le Centre International de Sophrologie.

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(1) JEZIC H., La sophrologie le corps et l’âme, éd Buchet/Chastel, 1982.

Période de structuration scientifique.

En 1968, le premier Symposium Européen de Sophrologie a lieu à Versailles. La sophrologie évolue, se transforme ; de nouvelles méthodes prennent forme. A. Dumont et R. Abrezol mettent au point le Training-Autogène Modifié (TRAM), qui devient alors une technique de base en sophrologie.

En 1969 se tient le premier Symposium Espagnol de Sophrologie, au collège des médecins de Barcelone, où A. Caycedo donne la définition suivante de la sophrologie : "C’est une nouvelle école scientifique, qui étudie les modifications de la conscience humaine. Dans ses buts, elle utilise différents procédés (psychologiques, physiologiques, chimiques, etc…) pour son emploi en clinique et en recherche." Il explique alors le concept des états et des niveaux de conscience.

Le 1er Octobre 1970 marque l’ouverture du Premier Congrès Mondial de Sophrologie au Palais des Nations à Barcelone, sous le titre : " Les médecines de l’Orient et de l’Occident se donnent la main à Barcelone ". La participation des professeurs J.H. Schultz de Berlin, A. Pedro-Pons et R. Sarro d’Espagne, M. Erickson des USA, donne une haute note scientifique à cette rencontre, suivie par les représentants de 42 pays et 1400 personnes. Ce congrès présidé par A. Caycedo marque la fin de la période de structuration scientifique de la Sophrologie.

 

3- Période de maturation.

La seconde période de la Sophrologie va de 1971 à 1982, pendant laquelle les techniques s’affinent. A. Dumont et R. Abrezol structurent l’enseignement officiel en France et en Suisse. Les cours de formation en quatre degrés s’organisent dans toutes les grandes villes. Après avoir participé aux cours de base dans leurs régions respectives, les français suivent les cours de perfectionnement dans le Centre International de Sophrologie à Leysin (Suisse). Dès cette époque, de nouveaux enseignants collaborent à la formation des sophrologues en France: les docteurs J. Donnars et J.P. Hubert. En Belgique, le docteur H. Boon dirige les activités.

En 1971, le Centre de Sophrologie de Paris est inauguré sous la direction de J.P. Hubert.

En 1972 se tient le premier Symposium de la Langue Française à l’Hôpital de la Salpêtrière à Paris, sous la présidence des docteurs R. Cahen, H. Boon et R. Abreuzol.

En 1973, le deuxième Symposium Européen de Sophrologie est organisé au Palais de Beaulieu à Lausanne par les docteurs A. Dumont et R. Abreuzol, sur le thème : " La Sophrothérapie et la Sophropédagogie ". La pédagogie de l’accouchement y est présentée par le Dr Aguirre de Carcèr. J. Courchet démontre l’efficacité de la Respiration Dynamique Relaxante. Le Dr R. Cahen fait une étude approfondie entre la sophrologie et la psychanalyse. R. Abreuzol expose sa méthode de préparation pédagogique d’entraînement sportif.

Du 23 au 26 Mai 1974 a lieu le troisième Symposium Européen de Sophrologie à Bruxelles sous la présidence de H. Boon. Le corps d’enseignement international se réunit et est mandaté pour développer la sophrologie en Amérique du Sud. Au Congrès Mondial de Pédiatrie de Buenos Aires, M. Espinosa Aroca présente de nouvelles méthodes de relaxation dynamique pour les enfants.

Le 25 Octobre 1975 s’ouvre le deuxième Congrès Mondial de Sophrologie à Barcelone. Tous les sophrologues du monde viennent y apporter le fruit de leurs recherches ; en particulier le Dr Donden, médecin personnel du Dalaï-Lama.

Le 22 Janvier 1977, le Collège International de Sophrologie est créé à Neuchâtel.

La Société Française de Sophrologie prend une position particulière à l’égard de la déclaration officielle faite par A. Caycedo à Recife le 25 août 1977, et ne souscrit pas à de nombreux points de cette déclaration.

En 1978, aux Journées Internationales de Pau, la Société Française de Sophrologie précise sa propre position et va à l’encontre des déclarations de Caycedo faites à Recife.

A. Caycedo introduit en Colombie la Sophrologie Sociale.

En 1983, lors du Congrès Mondial à Bogota, A. Caycedo inaugure la première université mondiale de sophrologie sociale.

En 1985, pour la première fois de l’histoire de la sophrologie, deux congrès parallèles présidés par A. Caycedo sont organisés à Lausanne, réunissant simultanément une rencontre médicale et une rencontre sociale. A l’hôpital de la Salpêtrière, Caycedo présente le quatrième degré de la Relaxation Dynamique.

En 1988 se tient le quatrième congrès mondial en Principauté d’Andorre et en 1989 sont créés des Masters.

Enfin, en 1992, lors du cinquième congrès européen de psychiatrie à Barcelone, la sophrologie est présentée officiellement comme nouvelle professionnalité clinique et socio-prophylactique.

En 1994-1995, Caycedo organise les structures de la sophrologie.

4- La Sophrologie en théorie.

4.1- Etats et niveaux de conscience.

La sophrologie est une science qui étudie la conscience humaine. Mais encore faut il pouvoir la définir.

4.1.1- Conscience.

On ne peut pas définir la Sophrologie sans expliciter d’abord ce qu’est la conscience. En effet, l’Ecole Française de Sophrologie définit la Sophrologie comme une science qui s’applique à l’étude de la conscience humaine. Le plus souvent, bien que le terme de conscience soit employé dans de nombreux ouvrages, aucune définition n’en est donnée. Aussi, avant de parler de Sophrologie, il convient de donner une acception la plus complète possible de ce qu’est la conscience.

Ce sont les Stoïciens qui nomment pour la première fois la conscience et qui répandent cette notion dans la philosophie grecque.

Conscience : nf [ emprunté au latin conscientia, connaissance, dérivé de conscrire, formé de cum, avec, et de scire, savoir.] Angl. Consciousness.

Connaissance immédiate de sa propre activité mentale (ce mot a aussi deux autres sens,

moral d’une part et métaphysique d’autre part). La connaissance différée, réfléchie de cette activité est appelée introspection et fut longtemps la méthode de base de la psychologie. Mais il est apparu que plutôt que de se fonder sur l’étude d’événements subjectifs difficilement communicables, la psychologie devait être basée sur l’observation de manifestations objectives de la vie mentale exprimées dans le comportement. D’une tout autre manière, la psychanalyse a contribué à faire abandonner la méthode introspective dans la mesure où elle a affirmé que les déterminants de la conduite devaient être recherchés dans un contenu supposé de l’inconscient. Le plus souvent, la conscience est invoquée quand les contenus des représentations, des opérations mentales ou des opérations mentales ou des émotions peuvent être décrits par le sujet au moyen du langage : l’activité consciente est dons celle qui est susceptible d’être verbalisable. La psychologie cognitive moderne a de son coté, montré que des étapes très complexes de traitement de l’information peuvent se dérouler en l’absence de conscience. On a put faire remarquer, à la lumière de ces travaux, que le problème moderne – non – résolu – n’est pas d ‘expliquer ce qui devient inconscient, mais au contraire pourquoi certaines activités deviennent conscientes. Cette prise de conscience peut être abordée dans ses substrats physiologiques. Envisagée comme un degré de présence au monde, la conscience peut d’abord se caractériser comme dépendant d’un certain niveau de vigilance, celui-ci lui-même déterminé par le degré d’activité du cerveau. Ce niveau de fonctionnement concerne plus particulièrement certaine zone du cérébrales dont l’atteinte pathologique se manifeste par des troubles ou des pertes de la conscience. Les régions du cerveau où sont évoquées, à un moment donné, les représentation les images mentales commencent à pouvoir être grossièrement localisables par les techniques d’imagerie cérébrale.

Après avoir explicité ce qu’est pour la sophrologie la conscience Nous arrivons donc à une définition de la sophrologie selon l’école Française : la sophrologie peut se définir comme une science qui s’applique à l’étude de la conscience humaine et de ses modifications par des moyens physiques, psychologiques. On peut considérer qu’elle étudie les modifications de l’état de conscience, des niveaux de vigilance, et les moyens de produire ces modifications. La sophrologie se veut également un art, visant à mettre l’individu à même de prendre en main la conduite de sa propre totalité psychosomatique par le vécu de sa conscience, puis par la maîtrise des moyens qui permettent d’en modifier le contenu, les états et le niveau de vigilance. Opérer de façon permanente et systématique sur son propre psychisme et son propre corps, ce qui implique tout naturellement le schéma corporel et l’image du corps.

 

4.1.2- Etats qualitatifs de conscience.

Ce sont les variations qualitatives de la conscience, la sophrologie définie trois états  de conscience :

  1. Conscience ordinaire : c’est l’état de conscience de l’homme sain, ordinaire.
  2. Conscience pathologique : c’est l’état de conscience de l’homme malade, névrosé ou psychotique. Chaque individu peut tomber de façon temporaire ou définitive dans cet état de conscience.
  3. Conscience sophronique : c’est l’état de conscience de l’homme en harmonie avec lui même et le monde extérieur. Cet état est induit par la pratique la sophrologie mais aussi par d’autres techniques occidentales ou orientales telles que le Zen, le yoga, la méditation transcendantale, etc…On peut acquérir progressivement la conscience sophronique pour y demeurer de façon transitoire ou permanente.

 

4.1.3- Niveaux quantitatifs de conscience.

Chacun des états de conscience se caractérise par différents niveaux qui représentent des variations de la vigilance. C’est l’électroencéphalogramme (EEG) qui permet d’observer l’activité électrique du cerveau et de déterminer les différents niveaux de vigilance.

 

4.1.4- Schémas de synthèse.

(Voir sur les pages suivantes).

Caycedo a modélisé la conscience suivant le schéma de base de la sophrologie suivant :

L’Ecole Française de Sophrologie a apporté des modifications au modèle de Caycedo et notamment grâce à des psychanalystes, dont Roland Cahen qui a intégré la notion d’inconscient :

Pour ma part, je trouverais plus complet ce schéma si la notion de conscience témoin (ou conscience de base) y figurait.

 



Conscience Témoin

4.1.4- Conscience témoin.

Une voix ma chuchoté la nuit dernière : " Une voix qui chuchote dans la nuit, cela n’existe pas ! " Haidar Ansari (8).

" Les philosophies spirituelles de l’Orient, ainsi qu’un bon nombre de philosophes occidentaux sont d’accord pour admettre l’existence d’une conscience pure, fondamentale. Par rapport à cette conscience de base, on peut dire paradoxalement que tous les autres états de conscience sont à priori modifiés, y compris l’état de conscience habituel, l’état de veille "(9).

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(8) DEIKMAN J.D., Le Soi Témoin, éd. Dervy-Livres, 1990.

(9) VIGNE J., Relaxation actualité et innovation, éd. L’esprit du temps, 1995.

" L’existence d’une pure conscience est accepté par la grande majorité des philosophes d’Orient et d’Occident, comme la montré un ouvrage collectif consacré à se sujet " (13).

Pour Christine Le Scanff, les états différents de conscience sont regroupés sous le terme d’états modifiés de conscience (EMC). Le dernier stade de la concentration yogique s’accompagne de modifications électriques jamais atteintes par d’autres méthodes ; il n’a d’ailleurs pu être enregistré qu’exceptionnellement par l’électroencéphalogramme (EEG).

Et pour JacquesVigne, il se doit d’amener à considérer avec prudence les études physiologiques sur la méditation qui font une équivalence – au départ et par postulat - entre la profondeur d’un état de méditation et la profondeur des signe physiologique d’un EMC ; l’état spontané ou état témoin est une expérience subjective qui peut ne pas avoir de traduction physiologiques particulières.

Notre mode habituel de conscience est un mode limité, réducteur, défensif, constitué d'un mouvement incessant et incontrôlé de pensées et de fantaisies intimement liés à nos besoins et à nos défenses, mouvement qui influe de façon très puissante et souvent inconsciente non seulement sur nos comportements mais également sur nos perceptions. De façon générale, la psychologie occidentale considère ce type de conscience comme la normalité.

La distinction entre la conscience et le contenu de la conscience tend à passer inaperçue.

L’attention, le soi témoin, est le fondement de la vie consciente, l’arrière-plan, le terrain où coexistent tous les éléments du monde intérieur ; elle est différente des pensées, des sensations et des images.

Il y a une distinction fondamentale entre l’observateur, le témoin et le contenu de la conscience.

Cette distinction entre l’observateur et le phénomène observé est fondamentale.

Le moi observateur est habituellement appelé le Soi avec la majuscule, ou le témoin ou la pure présence ou la pure attention ou la conscience en tant que telle.

 

Arthur Deikman et Ken Wilber sont certainement ceux qui ont les mieux analysés les niveaux de conscience.

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(13) VIGNE J., Méditation et psychologie, éd. Albin Michel, 1996.

Le psychiatre Arthur Deikman à finement analysé les niveaux de conscience qu’il a ramené à deux et définit comme : la conscience bi-modale. Il distingue sans les opposer, conscience ordinaire et conscience témoin ou mode réceptif car son objectif n’est d’agir mais de recevoir.

La conscience ordinaire ne peut résoudre la question du sens. Cette conscience axe son approche sur une attitude possessive-défensive et est en définitive incapable de donner un sens à son entreprise.

Arthur Deikman rejoint les psychiatres C. G Jung et Victor Frankl sur l’importance de la question du sens de la vie.

Selon Arthur Deikman il existe une conscience témoin que l’on peut tenter de se représenter comme l’espace dans lequel existent pensées, émotions et sensations, mais qui est distincte de ces contenus. De fait, la nature particulière de cette instance, conscience sans contenu, fait qu’on ne peut se la représenter, qu’elle n’est pas un objet, quelle est inaccessible aux sens et à la raison et qu’elle ne peut être expérimentée que par un savoir directe et intuitif. Antérieurement à la pensée, à l’émotion, à la sensation et à l’action parce qu’elle les expérimente, en est le témoin et peut s’en désidentifier, la conscience témoin est le centre ou le cœur de notre identité.

On reconnaît dans la démarche d‘Arthur Deikman un écho des observations de Maslow sur l’expérience-sommet, les énoncés d’Assagioli sur le soi supérieur ou transcendant. L’apport d’Arthur Deikman en une analyse et en une théorisation plus précises de la conscience désautomatisé, et en une analyse plus fine des modalités d’accès, à la conscience témoin. Selon Deikman "derrière vos pensées et vos images se trouve l’attention, et c’est là que vous êtes ".

Pour Ken Wilber l’accès à la conscience témoin peut se concrétiser dans l’expérience-sommet, de Maslow. Elle se caractérise par la capacité de la conscience d’être un Témoin, un témoin capable d’observer, sans manipuler et sans s’y identifier, le courant d’événement intérieurs et extérieurs.

Dans son premier ouvrage important, " Psychologia perennis : le spectre de la conscience " (11). Ken Wilber propose un modèle de la conscience où la personnalité humaine est une manifestation ou une expression d’une conscience unique, fondé sur la pensée d’Aldous Huxley la " Philosophia perennis " (12).

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(11) WILBER K., in, Au-delà de l’ego, éd. De la Table Ronde, 1984.

(12) HUXLEY H., La philosophie étenelle, éd.Librairie Plon, 1977.

Charles Tart, professeur de psychologie s’intéresse depuis plus de trente ans aux E.M.C. et les a étudiés avec une grande rigueur scientifique dans son laboratoire, à l’université de Californie, à Davis. Une science qui prétend connaître scientifiquement l’homme sans tenir compte, du sens de la vie et de la communication de l’être humain avec l’évolution de l’univers ne peut être considérée comme une psychologie satisfaisante. Chez l’être humain, il existe de multiples niveaux de conscience : l’état ordinaire de conscience n’est pas le seul état sain. La conscience n’est pas un simple produit du cerveau.

4.1.4- Relaxation.

La relaxation est profondément liée à l’histoire de l’humanité et de toutes les civilisations. On la retrouve à l’aube de tout les grands courants de pensée.

La racine première du mot, empruntée au latin relaxatio signifie le repos la détente.

" Le terme relaxation défini comme " diminution ou suppression d’une tension " est utilisé dès le XIVè siècle dans la langue française. Si on le retrouve dans son sens physiologique chez Ambroise paré, il n’apparaît sous son acception thérapeutique que depuis une quarantaine d’années " (5). La relaxation met en évidence deux composantes : la décontraction musculaire et la détente de l’esprit. Quel que soit la technique, les différentes méthodes de relaxation induisent trois grands types de variables de modifications de l’état de conscience. Le fonctionnement cérébral et la neurophysiologie ; le fonctionnement somatique et métabolique et enfin le vécu subjectif et la psychologie.

4.1.5- Respiration.

 

Avant l’utilisation de la respiration de base, il est important d’apprendre aux personnes " à respirer autrement ", en effet la respiration se modifie selon les besoins de la vie et de la sphère psychoaffective, elle est donc à la base de tout travail de relâchement.

L’oxygène de l’air est indispensable, en particulier, au bon fonctionnement du cerveau et des muscles. La respiration est à la base de notre équilibre physique et psychique.

 

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(7) Dictionnaire de la sagesse Orientale, éd Robert Laffont, 1989.

(5) ERLICH M., Relaxation actualité et innovation, éd L’Esprit du Temps, 1995.

 

La respiration représente le premier contact de l’être humain avec son environnement naturel. Du premier cri du nouveau-né, jusqu’au dernier souffle du mourant, sans relâche la respiration accomplira sa mission ; nourrir l’être physique de la principale force vitale, l’air ambiant.

La respiration, c’est le souffle, c’est la vie. Elle mobilise l’énergie de l’air, " le prana , respiration, souffle vital. Energie cosmique qui pénètre et conserve le corps et se manifeste sous forme de souffle dans les créatures " (7), terme sanskrit dont parle la tradition indoue, dans ce rythme naturel et ininterrompu de la succession de l’inspir et de l’expir, rythme tranquille qui peut brusquement se limiter, s’accélérer, se saccader, se bloquer ou devenir irrégulier selon le vécu du moment.

 

L’angoisse interdit la respiration paisible par exemple. Mais le seul fait de prendre conscience de sa respiration permet de le la modifier de façon volontaire. La respiration nous permet d’être dans la sensation.

Apprendre à, respirer autrement, c’est prendre conscience de sa respiration et utiliser le souffle comme circulation d’énergie. C’est retrouver la circulation abdominale qui est naturelle chez le nouveau-né, le dormeur profond, le chat ou le chien au repos.

 

Elle repose sur la mobilisation du muscle du diaphragme qui ferme en bas la cage thoracique et dont la vocation est essentiellement respiratoire. Il est le lien entre le haut et le bas du corps et sa mobilisation assure, dans un mouvement de piston, la communication entre les organes abdominaux et le volume thoracique.

Le cycle respiratoire correspond à la pénétration de l’air dans les poumons, puis à son rejet. Le diaphragme, qui s’abaisse en se contractant, crée dans les poumons une pression inférieure à la pression atmosphérique, ce qui attire l’aire dans les poumons. Le diaphragme en se relâchant crée un phénomène inverse et permet l’expulsion de l’air vicié.

La respiration abdominale permet alors la libération des tensions thoraciques, épigastiques et abdominales, ces cuirasses musculaires dont parle Lowen dans son analyse bioénergétique en lien avec les cuirasses défensives caractérielles de Reich. Le souffle circule librement. L’inspir apporte de l’oxygène et de l’énergie positive, l’expir chasse le gaz carbonique et draine les tensions négatives, et la concentration sur la respiration apaise l’agitation du mental.

Une respiration abdominale posée de façon naturelle génère la détente musculaire et peut donc modifier l’état de conscience pour amener au seuil sophroliminal.

 

Notre vie est rythmée par cet acte répété et continu. Notre respiration est un phénomène vital du premier souffle du nouveau né, jusqu’au dernier souffle de vie ;

mais c’est aussi le seul phénomène vital qui soit à la fois automatique et volontaire :

automatique, c’est-à-dire passif : c’est une source d’énergie que l’on reçoit, qui nous fait vivre à chaque instant ; volontaire, c’est-à-dire actif ; c’est une source d’énergie que l’on prend, qui nous nourrit, que l’on entretient.

La respiration est une force de liaison qui crée l’équilibre du corps et de l’esprit, qui grandit tout l’être.

 

La respiration est une fonction vitale par excellence, elle est d’une importance non négligeable tant sur les plan physique que psychologique et symbolique ;

La respiration est le train d’union entre l’intérieur de notre corps et l’extérieur.

L’inspiration permet de recevoir.

L’expiration permet de donner

Recevoir la vie, le monde.

Donner l’air ancien mais aussi évacuer le passer le négatif pour s’ouvrir sur le présent, l’avenir, le positif et surtout lâcher prise !

Au niveau physiologique, la respiration retentit sur le système végétatif autonome ( et réciproquement) et donc sur le tonus musculaire.

Lors de l’expiration, nous pouvons observer une réponse du système parasympathique avec une diminution du tonus.

Les deux phases respiratoires sont l’ouverture et la fermeture. De la respiration, les traditions les plus diverses ont retenu le rythme binaire.

  1. 4.2- Sophronisation de base.

La sophronisation est le processus selon lequel le sujet est progressivement conduit vers un niveau de conscience appelé " état sophronique ", différent de son niveau de conscience ordinaire. En effet, la sophronisation consiste à amener le sujet, par le biais du Terpnos logos (paroles énoncées suivant un rythme régulier), dans un état de détente le plus profond possible, à éliminer toute tension musculaire, ce qui conduit à abaisser son niveau de vigilance jusqu’à atteindre un seuil dit " sophro-liminal ", " zone X "ou encore " état crépusculaire ", situé entre la veille et le sommeil. Les techniques de sophrologie peuvent alors être appliquées dès cette étape.

4.3- Sophronisation statique.

La sophrologie utilise des techniques qui sont soit, recouvrantes ou découvrantes, elles se pratiquent sans exécuter de mouvements

4.3.1- Techniques recouvrantes.

  • Sophro-Acceptation-Progressive (S.A.P.) : le sujet va être amené a vivre par anticipation une action, une situation à venir dans un avenir plus où moins proche, réelle et non fictive sous son angle le plus positif
  • Sophro-Correction-Sérielle (S.C.S.) : le sujet vie étape par étape, une situation jusque là anxiogène, phobie par exemple, en la remplaçant par un vécu positif.
  • Sophro-Subsitition-Sensorielle (S.S.S.) : c’est substituer une sensation corporelle à une autre, dans un but d’anesthésie ou d’analgésie.

4.3.2- Techniques découvrantes.

  • Sophro-anamnèse : cette technique donne des renseignements, des repères au sophrologue quand à l’histoire psychologique et affective du sujet en faisant remonter à la conscience des situations vécues dans le passé.
  • Sophro-mnésie : son but est d’intégrer à la conscience du sujet la causes de ses conflits, de ses symptômes.
  • Sophro-analyse : c’est laisser venir librement les images mentales et leurs associations, afin de facilité l’accès à l’imaginaire et l’activation du processus thérapeutique.

4.4- Relaxation dynamique.

Cette technique condense en une synthèse originale des procédés d’activation psychophysique issue de pratique orientale. Elle est particulièrement adapté à la pratique de groupe. Les deux termes " relaxation " et " dynamique " ne sont nullement contradictoires. En effet, pour pouvoir être dynamique et efficace il est nécessaire d’être à la fois relaxé et détendu.

L’un des intérêts essentiels de essentiels de la relaxation dynamique est de faire prendre conscience du schéma corporel et de travailler à l’élaboration de l’image de notre corps. La synthèse devient complète dans la visualisation, de l’image générale, l’image de notre corps étant à la fois réception et représentation.

5.    4.4.1- Relaxation dynamique du 1er degré (R.D.1).

    Cette technique réalise une approche sophrologique de techniques de raja-yoga, et est divisée en deux partie. Dans la première, des exercices respiratoires puissants sont utilisées dans l’ici et maintenant. Dans la seconde partie, le sujet fixe son attention sur un objet naturel pendant toute la séance. Il s’agit d’une méditation sur un objet naturel extérieur au corps dans lequel on projette progressivement sa conscience. La séance debout est suivi d’une phase couché où le sujet prend conscience de l’unité corps-conscience.

  1. 4.4.2- Relaxation dynamique du 2e degré (R.D.2).
  2. Méthode concentrative : réalise une approche sophrologique de techniques bouddhistes tibétaines. Elle permet de mettre en avant la notion de conscience enveloppante. La majorité des exercices, à l’exception du premier, se font assis sur une chaise, cette technique comporte deux partie.

  3. 4.4.3- Relaxation dynamique du 3e degré (R.D.3).

    Méthode contemplative : réalise une approche sophrologique de techniques issues du zen.

    Cette technique comporte deux partie.

      7.   4.4.4- Relaxation dynamique du 4e degré (R.D.4).

    Méthode méditative : est une synthèse des trois premiers degrés. Cette pratique relativement longue ne peut se faire sans avoir assimilé au préalable les autres degrés de la Relaxation dynamique.

 

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Le Maître des Clés

 

 

 

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