Agoraphobie et Phobie SocialeWWW Spin Home ] Up ]

Trouble panique
Le trouble panique se manifeste soudainement, sans que rien l'annonce, et cause une sensation aiguë d'angoisse, accompagnée de sensations physiques pénibles. Il arrive que le trouble panique soit accompagné d'agoraphobie. La personne craint alors de se retrouver dans un endroit où elle ne pourrait pas avoir de secours en cas de crise de panique. Cette crainte peut contraindre la personne à ne plus sortir de chez elle.

Symptômes et signes
La personne se sent brusquement faible. Son pouls s'accélère, elle ressent des picotements ou des engourdissements dans les mains et elle est saisie de tremblements. Elle peut avoir des palpitations cardiaques, des douleurs dans la poitrine et de la difficulté à respirer. À ces symptômes s'ajoutent la peur de faire une crise cardiaque, la peur de perdre le contrôle et parfois même, la peur de mourir. La crise dure habituellement quelques minutes, mais persiste parfois pendant plus d'une heure. Elle peut se manifester n'importe où sans qu'on s'y attende. Certaines personnes ne connaissent qu'une crise de panique au cours de leur vie. D'autres en subissent plusieurs, et la crainte d'une nouvelle crise suffit à entretenir leur sentiment d'angoisse.

Traitements et prévention
Souvent, les personnes qui souffrent de trouble panique hésitent à consulter leur médecin. Il s'agit pourtant d'un trouble que l'on peut maintenant traiter avec succès en combinant une médication spécifique à la psychothérapie

Le trouble panique fait partie des troubles anxieux selon la classification américaine des troubles mentaux.  Il se caractérise par la présence d'attaques de panique dont au moins quelques-unes surviennent de façon imprévisible et inattendue.  Ces attaques de panique se manifestent soudainement et sont accompagnées de crainte ou de malaise intense.  Les principaux symptômes qui accompagnent ces périodes d'anxiété sont des sensations d'étouffement, des étourdissements, des sensations d'instabilité, des palpitations cardiaques, des tremblements, de la transpiration, une peur de perdre le contrôle, de devenir fou, ou de mourir.  Le trouble panique peut être accompagné d'évitement agoraphobique et se nomme alors trouble panique avec agoraphobie.  L'évitement agoraphobique consiste à éviter des endroits ou des situations dans lesquelles la personne craint qu'il soit difficile de recevoir de l'aide en cas d'attaque de panique.

La prévalence à vie du trouble panique dans la population générale varie entre 3 et 4% selon les études épidémiologiques les plus rigoureuses et les plus représentatives de la population (2,3,4), tandis que l'on estime que près de 10% de la population adulte aurait vécu au moins quelques attaques de panique occasionnelles.

Références

1 American Psychiatric Association, (1994). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, 4ième édition. Washington DC: Auteur.

2 Eaton, W.W., Kessler, R.C., Wittchen, H.U., & Magee, W.J. (1994). Panic and panic disorder in the United States. American Journal of Psychiatry, 151, 413-420.

3 Kessler, R.C., McGonagle, K.A., Zhao, S., Nelson, C.B., Hughes, M., Eshleman, S., Wittchen, H.U., & Kendler, K.S. (1994). Lifetime and 12-month prevalence of DSM-III-R psychiatric disorders in the United States. Archives of General Psychiatry, 51, 8-19.

4 Katerndahl, D.A., & Realini, J.P. (1993). Lifetime prevalence of panic states. American Journal of Psychiatry, 150, 246-249.

5 Wittchen, H.U. (1986). Epidemiology of panic attacks and panic disorders. Dans Hand, I. & Wittchen, H.U. (Eds), Panic and Phobias. Berlin: Springer.

 

Décrits sous le nom de névrose cérébro-cardiaque par Krishaber, puis névrose d'angoisse par Freud, les troubles paniques et leurs complications, dont l'agoraphobie, forment une entité clinique bien individualisée depuis la fin du siècle dernier. Les critères diagnostiques proposés par l'Association américaine de psychiatrie centrent ce syndrome sur la survenue répétée d'épisodes paroxystiques d'anxiété, les attaques de panique encore appelées crises aiguës d'angoisse. Même si la survenue d'une attaque de panique ne peut suffire à elle seule à amener le diagnostic de trouble panique, la symptomatologie de ces crises est importante à connaître pour trois raisons essentielles : Les attaques de panique sont des manifestations fréquentes. Leur prévalence sur la vie entière est d'environ 5 % dans la population en général et atteint 20 à 30 % chez les adolescents et les jeunes adultes.

Les attaques de panique sont à l'origine de consultations et d'examens complémentaires multiples du fait de leurs symptômes physiques, mais aussi du fait de l'anxiété qu'elles génèrent et qui pousse les patients à chercher, en toute légitimité, un réconfort chez leur médecin.

Les attaques de panique peuvent entraîner, par leur répétition, la constitution d'états d'anxiété pathologiques. Les troubles sont souvent accompagnés de phobies invalidantes (agoraphobie) et de complications psychiatriques graves (dépression, alcoolisme, abus médicamenteux).

Les manifestations des crises sont nombreuses et amènent les personnes à consulter dans les disciplines aussi diverses que la médecine générale, la cardiologie, la pneumologie, l'O.R.L. ou les services d'urgence. En effet, la personne souffrant d'attaques de panique s'y oriente souvent, spontanément, en fonction de la nature des symptômes les plus intenses, même si l'on retrouve, en discutant avec elle, d'autres éléments constitutifs des crises.

La sensation de catastrophe imminente.
Ce sentiment de peur d'apparition brutale d'une catastrophe est un élément indispensable au diagnostic du trouble panique. La personne peut le décrire de diverses manières : peur de mourir, d'avoir un malaise, de tomber, de perdre la raison, de perdre le contrôle de son comportement ou de ses sphincters. Habituellement, ces craintes sont en relation directe avec l'expression physique des attaques de panique : peur d'avoir une crise cardiaque face à des douleurs thoraciques et à une sensation vertigineuse paroxystique, peur de devenir folle face à des sentiments intenses de déréalisation ou de dépersonnalisation... De façon très caractéristique, ces peurs demeurent identiques malgré la répétition des crises et en dépit du fait que les événements que la personne craint tant de voir survenir ne se réalisent jamais.

Le dysfonctionnement du système nerveux autonome.
Les attaques de panique sont accompagnées de manifestations physiques, d'apparitions soudaines, le plus souvent dominées par des palpitations très anxiogènes. À l'examen, la tachycardie excède rarement 130/min. et peut être accompagnée d'une élévation modérée de la pression artérielle, de sueurs et de tremblements. D'autres symptômes cardio-vasculaires peuvent être présents, notamment des sensations de striction ou de douleurs thoraciques irradiant parfois dans les membres. Plusieurs études réalisées chez des patients ayant présenté de telles douleurs, mais ayant des artères coronaires normales, démontrent que plus de la moitié de ceux-ci répondent au diagnostic de trouble panique. D'autres systèmes peuvent être touchés par ces manifestations autonomes : spasmes digestifs parfois accompagnés de diarrhée, polyurie souvent associée à la crainte de perdre le contrôle de sa vessie...

 

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